Le Noël d'Antoine Westermann à Strasbourg
Plutôt que la fameuse dinde, l'Alsace réserve à l'oie l'honneur de siéger au centre de la table du réveillon. Le cycle de l'oie débute chez nous le 11 novembre et se poursuit jusqu'au 24 au soir et les jours suivants avec les consoeurs de la première sacrifiée, servies farcies aux pommes, au marron ou rôties accompagnées de choux rouges ou de choucroute, terroir oblige. Je me rappelle la recette de ma mère, une belle oie farcie au pain sec, foie d'oie et de volaille, relevée d'ail, d'oignons, de noix muscade et de quatre-épices, qu'elle présentait entière, entourée de sa garniture de pommes de terre et de champignons des bois aux petits lardons.
Mais Noël, c'est avant tout le foie gras. Il se décline poêlé, fumé, ou mariné avec armagnac et épices et cuit en terrine. J'aime bien servir mon foie gras avec une compote de figue aux épices, gelée au Porto, et pain de campagne grillé ou le glisser dans une Ballottine de Lièvre, coings au poivre, marrons et mousseline de céleri.
Noël ne serait pas Noël sans un Kouglof (ou kougelhopf) cuit dans un moule spécial. Je vous donne ici ma version individuelle:
Je vous laisse sur une tradition séculaire de chez moi : Peler avec soin un oignon le jour de Noël de façon à obtenir 12 peaux ou 12 couches successives, et déposer chacune d'elles dans une coupelle en compagnie d'une pincée de sel. Ces 12 coupelles correspondent aux 12 mois de l'année. Regardez bien vos pelures d'oignons qui commencent à suinter au contact du sel. Plus la pelure dégorge, plus le mois va être pluvieux… ainsi se prépare le calendrier des plantations et des récoltes dans les campagnes alsaciennes.
"Scheni Wienanchte!"

