Michel Roux
Né à Charolles entre Saône et Loire, Michel Roux a pratiquement été élevé dans une cuisine. Aussi loin qu'il se rappelle, il aidait sa mère à préparer les repas et savait déjà, à l'âge de 7 ou 8 ans, qu'il consacrerait sa vie à la cuisine mais "je ne voulais pas, dit-il, suivre les traces de mon père et de mon grand-père charcutiers; je voulais toucher tous les aspects de la cuisine et créer sous tous les fronts".
Son cheminement est impressionnant et commence à 14 ans lorsqu'il devient apprenti-pâtissier à la Pâtisserie Loyal à Paris. Après 2 ans à l'Ambassade de Grande Bretagne à Paris, il troque les petits fours pour la tambouille durant son service militaire, et revient à Paris pour entrer chez Cécile de Rothschild en tant que chef de cuisine. "Chez elle, j'ai appris à devenir gourmet, une qualité essentielle pour un chef".
En 1967, avec son frère Albert, il ouvre le Gavroche, dans le chic quartier de Mayfair, causant une petite révolution culinaire dans les cuisines anglo-saxonnes. Dans un environnement où un simple spaghetti bolognese était considéré comme un plat "exotique", les frères Roux se hissent rapidement aux plus hauts jalons de la haute cuisine. "Nous proposions à l'époque, une fine cuisine bourgeoise. Je me rappelle qu'on faisait venir le canard de la région de Challans en Vendée; on servait un loup au fenouil, un homard à l'escargot - sauce béarnaise, un pot au feu - sauce Albert et bien d'autres".
Cinq ans plus tard, ils ouvrent leur deuxième établissement: The Waterside Inn, sur les bords de la Tamise, à l'ombre d'un grand saule, situé au coeur de l'Angleterre royale, à deux pas du célèbre collège d'Eton, du champ de courses d'Ascot, du Château de Windsor.
Acclamé par la presse, reconnu par ses pairs, détenteur de 3 étoiles Michelin, Michel a créé un empire dans un empire, une des tables les plus raffinées du royaume. Laissez-vous séduire par ses oeufs en feuilleté aux asperges, son homard poêlé au Porto, ses aiguillettes de caneton aux clous de girofle… mais gardez une petite place pour le dessert où Michel, Meilleur Ouvrier de France - pâtisserie en 1976, demeure un des maîtres incontestés. "
Chez moi, cuisiner c'est comme respirer," explique Michel. "C'est un style de vie, une obsession - la seule différence entre hier et aujourd'hui, c'est que je n'ai plus à travailler chaque jour 12 à 14 heures d'affilée et si j'ai le goût d'aller humer les grappes d'un vignoble ou d'écrire un livre, je peux enfin prendre le temps. "