Cuisine mentonnaise
Balade gourmande en pays mentonnais
À 3 km de la frontière italienne, la Riviera mentonnaise a des parfums d'agrumes, d'histoire et de beauté. Le cirque de montagnes abruptes, dont les deux côtes extrêmes descendent vers la mer, a valu à l'antique cité d'être surnommée au XIXe siècle "La Perle de la France".
D'un fruit d'or à la naissance de la ville
Une jolie légende raconte comment le citron prit racine à Menton. Chassée avec Adam du paradis terrestre, Eve emporta un fruit d‘or. Adam, redoutant la colère divine, la pria de jeter le fruit. Elle lui dit qu‘elle le ferait, mais dans un lieu de son choix. Ils franchirent des montagnes, des vallées, des plaines… Aucun lieu n‘avait grâce à ses yeux. Soudain, ils aperçurent Garavan à leurs pieds. La beauté du golfe, la douceur du climat, la végétation luxuriante… Tout leur rappelait le paradis. Eve enterra le citron dans le sol, où poussa ensuite la cité de Menton…
Abritée des vents, la région mentonnaise bénéficie d'un microclimat exceptionnel. Dès février-mars, citrons jaunes, citrons verts, cédrats, pamplemousses et pomelos, mandarines, oranges, bigaradiers, kumquats et calamondins… le Mentonnais devient intarissable sur les agrumes, au moment où le soleil est assez chaud pour caresser le fruit mais pas encore trop chaud pour le rider. Ceci donne naissance à la fête du citron, une explosion de couleurs qui met la riviera en fête. 130 tonnes d'agrumes sont utilisées pour réaliser les motifs géants. Les temps forts de la Fête sont marqués par les chars appelés Corsos des fruits d’Or qui défilent l’après-midi des trois dimanches, dix chars décorés d’agrumes selon la thématique choisie mais aussi dans les jardins Biovès, des châteaux, des carrosses de cendrillon, des personnages de contes prennent forme et sentent bon l'écorce.
Sa peau est plus épaisse et il a une forme un peu irrégulière. Coupez-le en deux. Il est doux comme le pays, sans agressivité, on le croquerait même sans plisser du nez. Il se faufile partout dans la cuisine, nature, confit, en gelée, en zestes et crée la signature de la table.
Après la fête du citron à Menton, il faut se rendre à la fête de Coundillon et des Raviolis en Juillet où vous aurez plaisir à goûter à la salade typique mentonnaise et aux savoureux raviolis à la daube dans lesquels les Gorbarins mettent tout leur savoir-faire.
Puis on se rend à Peille le premier week-end d’août pour la Fête du Blé et de la Lavande. C’est l’occasion de passer par Castillon pour la fête de la Saint Julien (1er samedi d’août) et de revenir la semaine d’après pour partager la soupe au pistou, préparée selon la tradition castillonnaise. Autre lieu, autre recette, avec Castellar et sa succulente soupe au pistou pour la fête de la Saint Bernard le 20 Août, le tout accompagné d’une dégustation de la fameuse pichade (tourte à la tomate).
Les Bazaïs
En août, c'est aussi la fête des BAZAÏS au Quai Henry Bennett. Il faut remonter à 1700. La famine menaçait la population. Le froid avait détruit toutes les récoltes. Quelques hommes courageux armèrent un bateau et prirent la route de Gênes. Ils ne trouvèrent que des haricots noirs charançonnés (Les bazaïs) qu'ils payèrent à prix d'or. De retour à Menton, la population fit cuire ces haricots à tous les coins de rue. Les Mentonnais étaient sauvés. Depuis, tous les mois d'août, la population célèbre les "Bazaïs". Cette fête mentonnaise très ancienne réunit les Mentonnais autour d’un gigantesque chaudron de soupe aux haricots, agrémentée de toutes sortes de légumes et de morceaux de viande.
Une autre légende remonte au Moyen-Age. On raconte qu’une épidémie de peste décimant la population assiégée par les Barbaresques aurait provoqué la famine. Les survivants avaient fait alors une soupe géante avec toute la nourriture qui leur restait. Devant une telle abondance, les assiégeants, découragés, auraient pris la fuite !
La cuisine mentonnaise est typiquement méditerranéenne.
Elle trouve ses ingrédients dans les produits du terroir : légumes gorgés de soleil, poissons goûteux de la Méditerranée, huile d’olive du pays, fromages de montagne, fruits, et bien sûr... le citron de Menton...
Construit en 1898 par Adrien Rey, architecte mentonnais, le marché, avec ses décors en céramique vernissée et ses masques grimaçants, est un lieu pittoresque où maraîchers et petits producteurs des villages avoisinants vendent leurs récoltes - tomates, poivrons, fenouils, petits artichauts violets… et une symphonie d'agrumes.

