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Provence - Côte d'Azur Menton
À 3 km de la frontière italienne, la Riviera mentonnaise a des parfums d'agrumes, d'histoire et de beauté. Le cirque de montagnes abruptes, dont les deux côtes extrêmes descendent vers la mer, a valu à l'antique cité d'être surnommée au XIXe siècle "La Perle de la France".
D'un fruit d'or à la naissance de la ville Une jolie légende raconte comment le citron prit racine à Menton. Chassée avec Adam du paradis terrestre, Eve emporta un fruit d‘or. Adam, redoutant la colère divine, la pria de jeter le fruit. Elle lui dit qu‘elle le ferait, mais dans un lieu de son choix. Ils franchirent des montagnes, des vallées, des plaines… Aucun lieu n‘avait grâce à ses yeux. Soudain, ils aperçurent Garavan à leurs pieds. La beauté du golfe, la douceur du climat, la végétation luxuriante… Tout leur rappelait le paradis. Eve enterra le citron dans le sol, où poussa ensuite la cité de Menton… Abritée des vents, la région mentonnaise bénéficie d'un microclimat exceptionnel. Dès février-mars, citrons, limes, cédrats, pamplemousses et pomelos, mandarines, oranges, bigaradiers, kumquats et calamondins… le Mentonnais devient intarissable sur les agrumes, au moment où le soleil est assez chaud pour caresser le fruit mais pas encore trop chaud pour le rider. Ceci donne naissance à la fête du citron, une explosion de couleurs qui met la riviera en fête. 130 tonnes d'agrumes sont utilisées pour réaliser les motifs géants. Les temps forts de la Fête sont marqués par les chars appelés Corsos des fruits d’Or qui défilent l’après-midi des trois dimanches, dix chars décorés d’agrumes selon la thématique choisie mais aussi dans les jardins Biovès, des châteaux, des carrosses de cendrillon, des personnages de contes prennent forme et sentent bon l'écorce. Un peu d'histoire… Menton fut fondée sur le domaine des Comtes de Vintimille, mais à peine la ville était-elle édifiée, qu'elle fut détruite par les guerres opposant Gênes aux Comtes de Provence. En 1346, Menton devint la propriété des Grimaldi et le resta jusqu'en 1848, date à laquelle la ville s'insurgea contre Monaco. En avril 1860, la population participe au plébiscite et vote son rattachement à la France. Elle devient définitivement française le 2 février 1861.
À partir du XVIIIe siècle, Menton s'étend peu à peu à l'ouest le long de la voie romaine et formera le Menton de la Belle Epoque, le Menton qui voit défiler presque autant de personnages illustres et de têtes courronnées qu'il y a de citronniers.
Mais qu'est-il devenu de cette Riviera mentonnaise. J'hésite à le dire. j'ai peut-être envie de la garder pour moi, jalousement… Imaginez un grand amphithéâtre de montagnes sur la mer. Il enserre Menton. Roquebrune s'y accroche au-dessus du Cap-Martin. Corbio, Castellar et Castillon s'y perchent. Et Sainte Agnès, tout en haut, domine l'ensemble. Au-delà, il y a la Côte d'Azur française, les Alpes et la Vallée des Merveilles, Monaco, l'Italie.
La mer, les jardins, le calme ou l'aventure, tout est à découvrir.
Rien n'est plus étonnant qu'un pays de frontières. A qui ressemble-t-il vraiment? Parlez-en avec les gens du pays. A Menton, il y a longtemps, on était Grimaldi, mais pas assez longtemps pour avoir oublié que dans les hauteurs, on était Duc de Savoie.
C'est le conservatoire vivant des grandes heures de la Côte d'Azur. De la vieille ville médiévale aux venelles tortueuses, aux avenues bordées des palaces de la belle époque, le souvenir reste intact. Les rues, aux maisons hautes et étroites trouées de persiennes pour garder l'ombre et la fraîcheur pendant l'été, montent vers les rampes en escalier: C'est un souffle de baroque qui annonce l'église Saint-Michel (XVII -XVIII) dont le parvis composé d'une mosaïque de petits galets blancs et gris, représente les armes des Grimaldi. En face, la chapelle de l'Immaculée Conception (XVIIe). En descendant de la gare vers la mer - la Place des Victoires et l'église de style orientaliste. Des palmiers, des palaces, des tennis de style colonial anglais. Combien de voyageurs de la Belle Epoque ont dû venir jouir de cet ailleurs. La mer avec ses plages et ses galets, est omniprésente et surgit aux détours d'une ruelle, dans l'échappée d'une place. Juste derrière,
tout près, la montagne abrupte. Le château de Roquebrune regarde aussi vers le lointain. Mais ces murailles médiévales traduisent le danger qui vient de la mer. Nulle inquiétude au Cap-Martin. L'aristocratie goûte le soleil d'hiver dans ses villas et encourage les fantaisies des artistes. En grimpant les calades de Gorbio, Castellar et Castillon, on débouche sur les " chapelles peintes ", surmontées de leur petit clocher baroque. L'Italie a sans doute inspiré Castillon : ateliers, galeries, échoppes d'artisans s'y multipliént. Village-littoral le plus haut d'Europe, Sainte-Agnès, enserrée dans un écrin de montagnes avec la Méditerranée pour toile de fond. Les vestiges du château médiéval surplombent les casemates de la ligne Maginot.
Le pays mentonnais en fête
Puis on se rend à Peille le premier week-end d’août pour la Fête du Blé et de la Lavande. C’est l’occasion de passer par Castillon pour la fête de la Saint Julien (1er samedi d’août) et de revenir la semaine d’après pour partager la soupe au pistou, préparée selon la tradition castillonnaise. Autre lieu, autre recette, avec Castellar et sa succulente soupe au pistou pour la fête de la Saint Bernard le 20 Août, le tout accompagné d’une dégustation de la fameuse pichade (tourte à la tomate). En août, c'est aussi la fête des BAZAÏS. Il faut remonter à 1700. La famine menaçait la population. Le froid avait détruit toutes les récoltes. Quelques hommes courageux armèrent un bateau et prirent la route de Gênes. Ils ne trouvèrent que des haricots noirs charançonnés (Les bazaïs) qu'ils payèrent à prix d'or. De retour à Menton, la population fit cuire ces haricots à tous les coins de rue. Les Mentonnais étaient sauvés. Depuis, tous les mois d'août, la population célèbre les "Bazaïs". Qui dit fête, dit musique. Durant cette même période, le parvis de l'église Saint-Michel est le rendez-vous des mélomanes et des musiciens du monde entier. Le Festival de musique de chambre leur offre la magie d'un cadre exceptionnel, sur cette place bordée par deux églises baroques, la mer à ses pieds et l'Italie en vis-à-vis.
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