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Un vin doux naturel du Roussillon
* Mauri 10 ans Espagne
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Les gâteaux du Septième Ciel ou Noël dans les cuisines des couvents
Sur le mur blanchi à la chaux, une affiche jaunie donne les prix d'une liste de douceurs aux noms évocateurs. On y trouve des mantecados de jerez et yoma, petite gäteaux secs au xérès et au jaune d'oeuf; des naranjines, langues de chat à l'orange; des pastas de té, gâteaux au beurre pour le thé; des nevaditas, pâtisseries neigeuses saupoudrées de sucre glace; des huesos de Fray Escoba, ou os de Fray Escoba, qui s'avèrent des pépites dorées de pâte à frire; et le tocino de cielo, littéralement "lard du paradis", sorte de petit flan aux oeufs et au sirop. Ils sont tous confectionnés par les religieuses de l'ordre des Carboneras, dans le couvent Corpus Christi, situé au centre de Madrid ou dans l'un des 200 autres couvents afin de subvenir à leurs besoins, une tradition qui remonte au Moyen-Âge mais qui a pris de l'ampleur depuis une dizaine d'années.
Au moment de Noël, les soeurs troquent leur guimpe et leur habit contre une robe de travail et un foulard blanc. Elles travaillent dans la pâtisserie facilement 9 heures par jour, commandant leurs ingrédients à des grossistes et même les soeurs agées parfois de 80 ans viennent donner un coup de main pour l'emballage. C'est le Pape Pie XII qui a lancé le mouvement avec sa véhémente encyclique adressée aux ordres contemplatifs en 1950. "Le travail lait partie de la vie contemplative, loi du premier monachisme. Ora et Labora. Les produits les plus pursDe nombreuses religieuses continuent d'utiliser des oeufs pondus par leurs propres poules et des fruits ou des amandes cueillis sur les arbres de leurs patios. Les soeurs Trappistes de Santa Maria de Carrizo, à Leon, vont même jusqu'à employer du beurre lait maison par des moines voisins pour leurs mantecados ou leurs gâteaux de Savoie au beurre. Quant aux recettes, elles constituent un hymne à la cuisine lente et soignée. Des produits comme les capiruetas -crème à base de jaunes d'oeuf, de sucre et d'amandes pilées battue pendant deux heures ou le gâteau aux amandes des Franciscains de Penaranda, cuit dans un four à bois seraient impensables partout ailleurs. D'ailleurs, si une religieuse mentionne les amandes pilées dans une recette, vous pouvez être surs qu'il faudra les acheter entières, les monder puis les piler une par une jusqu'à quatre fois de suite si nécessaire. "Nous consacrons aux gâteaux le temps et la paix qu'ils exigent" explique Soeur Sagrario, des Carboneras de Madrid.
D'où viennent ces recettes?Des anecdotes vieilles de plusieurs siècles suggèrent que les connaissances de base provenaient souvent des religieuses aristocratiques, assez riches pour connaître le sucre, ses techniques et ses usages. Ainsi, c'est à Dona Maria Coronel (XIVième siècle). Qui est passée dans les annales pour s'être lancé de l'huile de cuisine bouillante au visage afin d'attirer l'attention du roy Pedro le Cruel, et à qui on attribue les petite gâteaux à I'anis confectionnés par les soeurs de Santa Ines, à Séville. Et lorsque ces femmes se retiraient du monde, elles donnaient aux couvents de vastes propriétés qui fournissaient aux cuisines bon nombre de leurs ingrédients, tels que les amandes et le miel.Il y a aussi des courants régionaux. Par exemple, au sud de l'Espagne, les arômes des épices arabes comme le sésame, le cumin et l'anis ont survécu à côté de la patate douce, des amandes et de la confiture de potiron. Et des oeufs, il y en a partout! Il était coutume d'apporter aux religieuses une douzaine d'oeufs dans l'espoir qu'elles puissent faire cesser la pluie ou rendre tout autre service miraculeux et, dans les villes et villages, il y avait toujours un voeu à exaucer et les religieuses manquaient rarement de cette denrée de base de leur merveilleuse pâtisserie.
Boutiques des couvents
Carnet d'adresses de quelques couvents
Couvent de Santa Ines (Clarisses Franciscaines), Calle Dona Maria Coronel 5, 41003 Séville Couvent de San Leandro (Ermites Augustins), Plaza de San Ildefonso 1, 41020 Séville reconnu pour ses yemas enrobées de caramel Couvent de Santa Paula (Hyeronimites), Calle santa paula 11, 41003 Seville - Les religieuses vendent depuis 1950 quelques douceurs traditionnelles -pâte de coing, confiture de potiron et crème de patate douce.
Couvent de la Purisima Concepcion (Franciscaines de l'Immaculée Conception), Calle Arias de Miranda 54, Penaranda de Duero 09410 Burgos (pâtisseries sur commande uniquement) Monastère de Santa Maria de las Duenas (Bénédictines), Calle Benitas 6, Alba de Tormes, 37800 Salamanque -- Ici, les religieuses commercialisent leurs amandes caramelisées. Monastère de Jesus y Maria (Dominicaines), Callejon de Jesus y Maria 2, 45002 Tolède Couvent de San Joaquin y Santa Ana (Cisterciennes) Plaza de Santa Ana 4 47001 Valladolid (pâtisseries sur commande uniquement) à cette liste, on doit ajouter les Dominicains de Santa Maria y Jesus, à Tolède vendent plus de l 000 kilos par an de massepain pour Noël
Couvent de La Visitacion (Salesiennes), Calle San Bernardo 52, 28015 Madrid |


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